Un tournant majeur dans la carrière de Biréli : la genèse du « Gipsy Project »
Pour comprendre l’éclat particulier de « Gipsy Project » dans la discographie de Biréli Lagrène, il faut remonter à une étape stratégique de sa carrière. Publié en 2001 chez Dreyfus Jazz, l’album arrive au moment où Biréli s’est déjà illustré dans de multiples registres : la fusion jazz-rock, des albums de jazz moderne, le swing américain et des expérimentations avec des pointures comme Jaco Pastorius ou Stéphane Grappelli. Pourtant, c’est en se recentrant autour de la musique manouche, la sienne, qu’il déclenche un raz-de-marée musical et critique.
Au fil des années 1990, peu d’artistes de jazz manouche osent véritablement revenir au son originel de Django Reinhardt tout en y ajoutant une virtuosité et un souffle complètement modernes. « Gipsy Project » ne sera pas un pastiche ou un simple hommage : il en reprend les codes, la pulsation, l’énergie brute tout en imposant la personnalité inimitable de Biréli.
L’album a été enregistré dans des conditions quasi-vivantes, capturant une urgence et une générosité rares. L’équipe : stalwarts du genre, compagnons d’enfance, et l’une des dernières légendes du violon, Florin Niculescu. Le son, capté « à l’ancienne », sans surproduction, cherche la saveur du style « hot-club ». Selon Jazzman Magazine, « Gipsy Project » prend alors sa place parmi les pierres angulaires du jazz manouche moderne (Jazz Magazine).